Press review
Spring 2004, Journal Le Tour
Portrait de Louise-Andrée Roberge
Céline Larouche
Avec sa physionomie à la Louise Forestier, remplie de la cinquantaine marginale où sattarde même ladolescence, voici Louise Andrée Roberge que jai rencontrée pour vous à son atelier. Elle est « lillustre auteure » de la reproduction en page couverture du présent Tour de Sutton.
Présenter Louise Andrée Roberge cest tenter de découvrir une artiste qui a touché à plusieurs facettes de lart visuel. Elle est avant tout une femme, entière et décidée, mère deux fois, grand-mère de trois enfants. Fille dun inspecteur décole, elle a vécu partout au Québec. Jusquici, sa vie fut celle dune nomade parcourant une quinzaine de villes et villages. Un seul chemin cependant : celui de se rapprocher de plus en plus delle-même, de ce quelle est. Incapable de sy dérober. Pour elle, créer est une nécessité vitale, comme marcher, manger, dormir : « Ça me fait vivre parce que je ne saurais vivre sans
»
Comme artiste, Louise Andrée Roberge se positionne davantage comme illustrateur que comme peintre ou sculpteure. Son inclination artistique rallie plusieurs expressions visuelles : dessin, peinture, illustration, sérigraphie, papier mâché, sculpture, teinture végétale, tissage, cuir tanné naturellement et gravure. Elle va dun médium à lautre. Elle invente tout le temps. Quand la passion lui échappe, la peinture lattend, fidèle. Dautres talents ont frôlé sa vie, comme, par exemple, la musique (piano, flûte, accordéon, saxophone).
Madame Roberge possède la faculté de passer du réalisme au naïf, de labstraction au décoratif. Tout linfluence et tout linspire : la couleur, la lumière, les relations entre les gens, les situations cocasses, les événements en plus de ses états dâme, ses angoisses, ses rêves et ses joies.
Ce qui fut le plus difficile pour lartiste a été de se trouver au milieu dun dédale de tendances et dinfluences, dans les méthodes comme dans les règles suggérées. Ainsi, elle trouvera son véhicule créateur et sa façon toute personnelle de la matérialiser.
Enfant, elle est attirée par le dessin. À 12 ans, alors quelle vit à Sherbrooke, Louis Fortier, une amie, lamène à lOTJ. Elle y trouve de la peinture, des chevalets et même une reproduction de Picasso qui laccrocha! Elle y suivra des leçons de dessin. Son père lui offrira son premier chevalet dont elle se sert encore. Une voisine, Joyce Cochrane,, peintre, sera le premier professeur à linitier à la peinture.
De retour du Camp musical dOrford, une amie aidera Louise Andrée à obtenir une bourse pour participer à un camp darts visuels.
Vers 1965, Louise Andrée apporte ses dessins, sur le pouce, aux « Beaux-Arts » à Québec où elle est acceptée. Elle y demeure presque trois ans. LUniversité Laval lui ouvre de nouvelles avenues en Art et Communication. Au Carnaval de Québec, Louise Andrée obtient son premier emploi rémunéré. Avec du papier mâché, elle apprend à sculpter des déguisements pour les attractions des chars allégoriques. Senclenche alors une vie de nomade qui passionnera Louise Andrée. Elle sera illustratrice pigiste de 1970 à 87 et complétera un Bac en Communications graphiques de 1987 à 90.
Sa vie sera motivée par sa soif dapprendre du nouveau. Ses voiles gonflées par sa curiosité, son indépendance et sa détermination la conduisent à Cowansville où sajoute une nouvelle passion : celle dêtre mère une première fois. Parallèlement à la maternité, elle explore la sérigraphie qui la dirigera vers la gravure.
En 1978-80, enceinte de nouveau, un autre souffle lattire au lac Mégantic puis à Ste-Marie de Beauce. Expositions, ateliers et aide sociale lui permettent de vivre.
Une offre inattendue entraîne Mme Roberge à St-Jean-Port-Joli. Elle y rencontre un homme et cest laventure rêvée : ensemble ils sétablissent à Rivière-du-Loup. Ils disposent dune boutique dart et dun atelier pour travailler. De 1985 à 88, Louise Andrée participe à diverses expositions dans lEst-du-Québec (Trois-Pistoles, Rimouski, lÎle Verte, Percé
).
Un grand vent de lest ramène notre artiste à Québec où elle viendra se perfectionner et se recycler à luniversité. Cette période durera deux ans. Lété, elle accrochera ses uvres sur la rue des Trésors dans le Vieux-Québec. Puis, elle se trouvera un emploi au mont St-Anne et habitera St-Féréole-des-Neiges. Devenue grand-mère, notre nomade traversera le fleuve pour se rapprocher de sa fille, jeune maman. Et cest à Kamouraska quon la retrouve !
Pourtant, la Montérégie lattire! Comme graphiste, Louise Andrée aura du travail à St-Denis-sur-Richelieu. Exposition solo ou en groupe, comme peintre, illustrateur, infographe, graphiste, sculpteure, Louise Andrée Roberge sera « visible » dans les salons, bibliothèques, CEGEP, musées, galeries, restos, que ce soit à St-Hilaire, Varennes, Tracy ou Sorel!
En 1997, Louise Andrée participe à lévénement FestovArt de Frelighsburg, lieu béni de son enfance! Ses enfants devenus autonomes, il lui faut revenir dans les Cantons-de-lEst. Un coup de volant vers la route 139 sud, lamènera à Sutton! Elle tombe en amour avec le village, sa nature et son monde. Un studio lattend, autant pour y travailler que pour y habiter. Farfelu laccueille sur-le-champ
Nous sommes en 1999. Dès son premier hiver, elle se joint à John Quesnel et Georges Constantin à la Galerie les Partenaires. De cette union dissociée naîtra les Imagiers et la galerie Les Partenaires. De Roberge partage avec le photographe connu Guy Borremans, rue Pine.
Venez vous rendre compte par vous-même de lampleur et de léventail de son uvre autant que de son talent indéniable à la Galerie des Deux Tournesols, chez Farfelu ou à la Salle A.G. Pelletier.
Osez voir ce quelle a osé créer
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